"Peindre. Un homme a passé sa vie à peindre. Et quand je dis sa vie entendez bien. Le reste est gesticulation. Peindre est sa vie. [...] Le spectacle est donné. Hommes et femmes sont enceints d’apparitions bêtes brutes, personnages d’un théâtre forain, sabbat de nul Brocken, hantise d’un autre-part aux jours d’enfance, têtes perdues, gymnasiarques d’un monde inverse, bateleurs bateleurs qu’accompagne quel invisible violon? C’est le rêve éveillé d’un peuple où il y a tant d’amoureux que ne sais lequel prendre. Et sans doute jamais personne ainsi n’a inondé mes yeux de lumière, qui pourtant ait toujours si divinement sur moi fait régner la nuit."
Louis Aragon, 1972.