27.04.2008

Assise dans mon fauteuil

Bien chers tous,

De mon archives open tour, je vous envoie quelques nouvelles, histoire de prouver à d'aucune râleuse (ici-même, en ces lieux, oui, sous mon nez) que je suis toujours vivante et écrivante (mais ces jours-ci, je fais surtout dans le recopiage de procès-verbaux de conseil général). Néanmoins, je ne suis pas passée sur ce blog pour parler de mon futur article sur cette source exceptionnelle que sont les procès-verbaux de conseil général, article qui révolutionnera l'histoire du XIXe siècle pour les 50 prochaines années et qui me propulsera au firmament du monde universitaire. J'avais envie de vous parler théâtre.

Théâtre! Hein! Quoi! Elle va au théâtre alors qu'elle ne prend pas la peine d'aller à Paris! A mon lectorat parisiano-parisianiste, je souhaite rappeler que la douce province est aussi un haut lieu de création sur les planches et que j'ai même croisé un théâtre à Mende, ce qui prouve que tout arrive en ce bas monde. Mais il me faut le reconnaître c'est bien dans notre vaste capitale que je m'en fus m'enfoncer dans un fauteuil rouge. Avez-vous remarqué à quel point les fauteuils sont rouges lorsqu'on va au théâtre ou au cinéma? Sûrement parce qu'on risque de s'y entretuer pour l'amour de l'art...

Oh ma chronique n'est pas toute jeune et l'impression à la sortie de la salle a eu le temps de mijoter, doucement, de caraméliser même, mais la compagnie de Myriam Boyer est une friandise. Au mois de février dernier, accompagnée de Nièce et Neveu, j'ai donc repassé les portes de la salle Popesco à Marigny. Ma précédente visite avait eu lieu pour Signé Dumas, un fabuleux huis-clos entre Francis Perrin et Thierry Frémond d'où je ressortis avec l'envie furieuse de relire Les Trois Mousquetaires. J'ai poursuivi avec Romain Gary et sa Vie devant soi.

Je pourrais écrire un livre à parler du roman, de son auteur, mais s'y plonger est encore le plus bel hommage qu'on puisse lui rendre. Non, ce soir-là, c'est l'incarnation du roman qui m'a rendue toute petite au fond de mon molleton rouge. Les critiques avisés encensaient déjà acteurs et mise en scène, mon a priori était donc positif. Pourtant, des a priori ne font pas une soirée et lorsque le rideau se lève, les papelards de journaleux, si élogieux soient-ils, ne sont même plus un lointain frou-frou en arrière plan du décor.

Pendant deux heures, j'ai épié les bonds insensés d'un garçon grandi trop vite, flottant dans sa peau de gosse de 13 ans quand son corps en réclame 15 bien sonnés. Aymen Saidi donne au petit Momo la fraîcheur de l'adolescence engoncée dans une enfance qui éclate à chaque rire, à chaque colère gargantuesque. Ses coups de fourchette ont l'énergie d'une vie qui enfle entre espoir et désespoir, entre sève têtue et passé poisseux. Excessif son jeu? Peut être... autant que peut l'être justement le bouillonnement de cet âge où l'amour et la peine ont une simplicité désarmante dans leur profondeur.

Et Myriam Boyer? Madame Rosa? Géniale est un mot aussi faible que banal pour la qualifier. Humaine, terriblement incarnée, voilà ce qu'elle est. Une vieille pute dit Momo. Oui, une vieille pute, avec la lourdeur des chairs, l'effondrement d'un corps trop donné et trop pris, la prématurité de la déchéance. Madame Rosa vécue par Myriam Boyer, c'est un monstre d'amour qui ne sait plus triompher de la douleur et de la peur, c'est la nourrice redevenue enfant, son rouge à lèvres barbouillé bavant sur la joue du petit qu'elle a torché jadis. Myriam Boyer donne à vivre, échevelée, pieds nus, elle offre à coeur, à corps et à voix son personnage au public, avec la générosité de cette Madame Rosa qu'elle accompagne dans la mort.

Bien sûr, j'ai versé ma larme, plusieurs même. Bien sûr, je n'étais plus une spectatrice pendant ces heures, mais une petite souris entrée par effraction dans cette famille bancale de l'orphelin abandonné et de la michetonneuse repentie. En sortant de la salle, Nièce, Neveu et moi avons croisé Madame Boyer, et on n'a su que lui dire merci.

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14.08.2007

Love, love, love

Je suis amoureuse.

J'avais promis de ne pas tartiner sur ma vie privée, mes sentiments, tout ce qui fait battre mon petit coeur sur ce blog, mais là, mon palpitant explose de me taire ainsi. Voilà pourquoi je vous l'avoue, je le confesse, je suis amoureuse et dès lors vous préviens que tout ce qui suivra ne sera que dégoulinante mièvrerie.

En de telles circonstances, il est d'usage de décrire avec minutie l'être responsable des émois, et je ne dérogerai point à cette règle consacrée par la tradition. Passons sur les clichés en nous y arrêtant. L'objet de mes soupirs est beau, distingué, élégant, sublime et inimitable, c'est une évidence mais je ne me lasse pas de le rappeler. Entrons dans les détails. Mon canari des îles Kerguelen est fort brun, et se dore sensiblement au soleil. Mon hérisson en sucre est grand et costaud, sa chemise s'ouvre sur un torse musclé et moutonneux. Un grand bellâtre me direz-vous? Farpaitement! vous répondrai-je à l'instar d'Obélix, un grand bellâtre tendre et sensible sous des dehors parfois désinvoltes. Que vous dire de plus? que son regard ferait caraméliser une crème brûlée, que ses mains feraient fondre l'Islande en une caresse, que sa bouche réveillerait une carmélite desséchée.

J'exagère... non, je ne pense pas. Peut être même suis-je encore bien loin de la réalité de sa peau affolante, de son sourire embrasé... Pardonnez-moi, je m'égare dans son souvenir, mais c'est qu'il est si... présent, c'est qu'il sait prendre tant de place.

Son nom? Tiens, je ne vous l'ai pas dit? Vous me surprenez... Mais je suis étourdie, sans doute ai-je omis cet essentiel qui ne vous servira guère puisqu'il vous est inconnu. Je peux bien vous le confier si vous y tenez... à condition de le garder secret ensuite... Promettez!

Il n'y a que vous, n'est-ce pas? Pas de voisin curieux caché dans le placard, pas de professeur embusqué pendant un cours d'informatique, seulement vous?

Alors je me lance... il s'appelle Bond, James Bond ou plutôt Connery, Sean Connery.

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PS: Vous pensiez à quelqu'un d'autre?  

 

23.12.2006

Parce qu'ils sont inoubliables

Je sais qu'il faut être originale et ne pas repiquer des écrits existants, mais là, je ne résiste pas...

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"Voici donc Francis Lagneau, dit Petit Marquis, dit Chérubin, dit Talon Rouge, dit Falbala, dit belles manières. Il est également connu, dans certains milieux, sous le sobriquet de Requiem, dit Bazooka, dit La Praline, dit Belle Chataigne."

"Citoyen de Genève, représentant des banques et dépositaire de la pensée neutraliste, voici Eusébio Cafarelli, dit le Chanoine, entomologiste et esprit distingué; son mysticisme à la fois très hostile au rationalisme de Saint Thomas et à l'orthodoxie mécanique de la scolastique, le pousse parfois à des actions brutales que sa conscience réprouve. Mais, le meilleur des hommes ne saurait être parfait..."

"Apôtre de la coexistence, Boris Vassiliev, sujet très doué, surnommé dès son plus jeune âge trinitrotoluène, pianiste virtuose, pyrotechnicien confirmé, Boris est classé par ses supérieurs dans la catégorie des "esthètes turbulents"."

"Compatriote de Goethe et de Wagner, voici Hans Muller, dit le Bon Docteur. Philologue, musicien et humaniste, chercheur assoiffé de vérité, auteur d'un ouvrage aujourd'hui introuvable "les points sensibles ou la thérapeutique contre le mensonge"."

C'est beau, non?